Le blog de silvershadow
Le long corridor suivant la porte d'entrée était obscur, l'interrupteur ne fonctionnait pas et la propriétaire des lieux n'avait jamais jugé
utile de le réparer. Il fallait donc parcourir a tâtons les vingt mètres menant au salon tel un aveugle privé de sa canne. Le lieu ne m'était pas inconnu mais j'appréhendais toujours la
présence d'un quelconque objet laissé là faute de place ailleurs. Dehors j'entendais la pluie tomber, incessante depuis déjà plusieurs jours. J'arrivais bientôt à l'endroit où le sol
amorçait une légère déclivité conséquence de cette petit buffet placé au milieu du couloir. Il abritait quelques vieilles vaisselles héritées de la grand-mère de Romane et je m'étais toujours
posé la question des conséquences éventuelles d'un "malencontreux accident". J'avais un jour abordé le sujet et elle m'avait simplement répondu que ces assiettes et verres n'avaient d'autre
valeur que sentimentale. Les planches du parquet grinçaient encore plus peut-être parce que j'avais posé ma main sur ce buffet devenu repère dans ce noir quasi-absolu. Passé cet
obstacle je laissais toujours mes mains parcourir le velours des murs, appréciant le touché de cette matière plus délicate que l'affreux papier sans relief des premiers mètres.
J'arrivais à la porte du salon où normalement le retour à la civilisation s'opérait avec une lampe en état de marche ou mieux encore une fenêtre donnant sur l'extérieur. Je fis trois pas
et après avoir actionné la poignée de porte je découvris ce spectacle...
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copyright Marcus Ranum
Edward